12/12/2013

L'Aparté. Rendez-vous au jardin imaginaire

Les fleurs et plantes en papier de l'Aparté composent des décorations florales raffinées.

C’est au hasard d’une après-expo à la BnF Richelieu – très belle exposition des photos de marginaux d’Anders Petersen, cela dit en passant – que je suis allée flâner dans la galerie Vivienne, un de mes passages parisiens préférés. J’y ai déniché un joyau de boutique. Une adresse singulière que vous ne trouverez pas à chaque coin de rue, créée voici sept ans par deux architectes d’intérieur, amoureux de l’Asie.

De 1, 5 € la fleur miniature à 35-45 € l'unité,
 il y en a ici pour tous les budgets.
Rêveries végétales. L'Aparté, dont le nom évoque un secret délivré aux seuls initiés, est un lieu où les fleurs en papier déploient leurs pétales, à moins que ce ne soit des ailes, dans des bouquets et des guirlandes lumineuses, tout droit sorties d’un pays des merveilles. Un pays de contes, où les mamans ont les yeux bleus et le sourire très doux, comme l’hôtesse du lieu, Isabelle Chupin. Celle-ci dessine tous ses modèles et les fait fabriquer en Thaïlande. A la fois délicat et résistant, le papier de murier qu’elle utilise le plus souvent adopte des effets froissés, des transparences subtiles et des dentelés épurés. Parfois aussi, il se mélange aux plumes dans des créations  à l’esprit plus couture. Kenzo en raffole, paraît-il. Moi aussi.

- L'Aparté. 48, galerie Vivienne, Paris 2e. Tél. 01 42 60 05 89.

05/12/2013

Art. Domitille Ortès, une si troublante innocence

La chevelure de Bérénice. Photographie de  Domitille Ortès.

La plasticienne Domitille Ortès.
L’enfance de l’art. A peine arrivée à Paris, Domitille Ortès, jeune étudiante, emprunte la voie royale des Beaux-Arts pour devenir peintre. Sa vocation, une évidence. Ses premiers dessins sont expressionnistes. Elle se cherche. Sans doute son beau front pâle, calme, dissimule t-il bien des tempêtes. Du dessin, elle passe à la peinture et, des années plus tard, à la photographie. Pour elle, c’est une façon de fixer l’instant, avant de prendre le temps de peindre, une gestation qu’elle aime faire durer. Elle fait d’abord poser des couples qui évoquent l’enfermement, la possession. Puis, en 2010, sa fille Symphorose, à peine adolescente, devient le modèle de ses clichés. Il se passe quelque chose en l’artiste. Un déclic. « Les choses se sont mises à venir, presque malgré moi » dit-elle. Elle expose ses photos et peintures quelques temps dans une galerie parisienne. Puis, en 2012, celle qui se veut plasticienne « Je me sentais à l’étroit dans un seul univers » rompt ses entraves. Qu’importe le médium, pourvu qu’elle ait l’ivresse de la création ! Elle explore toutes les voies artistiques : dessin, peinture, photo, vidéo, photo-sculpture... Une dernière discipline qui lui permet de mettre ses images en espace, pour exprimer l’enfermement en les plaçant dans une boîte ou le morcellement par des jeux de miroirs.

En boîte. Dimension variable. Photo-sculpture Domitille Ortès.

La mariée. Acrylique sur toile/ 180 x 130 cm
Domitille Ortès (2011).

Magnétique. Quête identitaire, quête de la féminité, passage d’un âge à l’autre, de l’enfant à la femme,  d’un état à l’autre, du doute à la plénitude … Ses thématiques sont propres à l’adolescence et aux périodes charnières de l’existence. Elles évoquent souvent la sexualité, le désir (ou le refus) de maternité, l’étouffement, figuré ou bien réel, sous des sacs plastiques. Ses images, parfois violentes, résonnent en celles et ceux qui, comme moi, y trouvent un écho intérieur. Aux salons Fotofever de Bruxelles et Paris, où la web-galerie Little Birds exposait son travail cet automne, des attroupements se sont ainsi créés autour des cimaises dédiées à la jeune femme. « Les gens disent que je leur donne le frisson ». Un frisson délicieux. Car, en dépit du questionnement sous-jacent, les œuvres de Domitille Ortès dégagent aussi une infinie douceur. http://domitilleortes.weebly.com

28/11/2013

Culte. Les aventuriers de la cité Z au théâtre

Une comédie d'aventures pleine de suspens. Photo Elodie Ravaux

C’est un joyeux mélange d’Indiana Jones à la sauce Nuls qui reprend sur scène les codes du film d’aventures, dans un décor de BD façon Tintin. Avec, dans un des rôles principaux, un Cyril Gourbet qui ressemble furieusement à 0SS 117. Vous vous y perdez ? Aucune importance. L’essentiel c’est d’en rire. Et je vous promets qu’à moins d’être sourds, vous devriez dérouiller vos zygomatiques en allant voir cette comédie déjantée, créée par la Nad Compagnie au off d'Avignon.

Les chevauchées fantastiques en prime.
 Photo Elodie Ravaux
Feydeau, les doigts dans la prise. Il nous est ici narré le récit de l’explorateur Percival Harrison Fawcett qui disparut au fin fond de l’Amazonie en 1925, alors qu’il était en quête de l’Eldorado. Dix ans plus tard, sa fille Joan, une Brit’ excentrique, part à sa recherche avec Jean Beauregard, aventurier français fantoche mais authentiquement obsédé. S’en suivent des courses poursuites mimées avec un sens du burlesque notables par des acteurs qui maîtrisent tout autant le langage du corps que le jeu. Et bien des rencontres improbables avec un SS à l’accent approximatif, un mexicain répondant au doux nom de Pepito, une écossaise sexagénaire nymphomane ou des cannibales adeptes du Gnangnam style…

Le second degré en plus. Quelque farfelu que soit le scénario, on n’en lâche pas le fil. Il s’agit bien d’une histoire à rebondissements et pas d’une suite de sketches, prétextes aux gags. Le public ne s’y trompe pas. Du plus jeune – mieux vaut néanmoins avoir 10-12 ans pour suivre – au plus âgé, le fou rire se propage. Il faut reconnaître que peu de troupes parviennent à aller si loin dans la démesure et à se foutre des convenances avec un tel naturel. Rafraîchissant.

-  Les Aventuriers de la Cité Z –  En collaboration artistique avec Alain Sachs, texte Frédéric Bui Duy Minh, Cyril Gourbet, Aymeric de Nadaillac (à la mise en scène également)  – A partir du 3 octobre – Théâtre des Mathurins, 36 rue des Mathurins Paris 8e. Tél. 01 42 65 90 00. www.theatredesmathurins.com

14/11/2013

Escapade. Un autre regard sur Washington

Tant qu’à voyager sur la côte est des Etats-Unis, j’aurais préféré New-York à Washington. Mais l’occasion faisant, c’est dans le nid de Barack et Michelle que je suis allée trainer mes basques. Et la surprise fut excellente ! Trois raisons de ne pas négliger les charmes d’une capitale aux airs de jolie provinciale.
Musée de l'Air et de l'Espace aux abords du National Mall.

Pour ses monuments et musées. A côté des incontournables (Maison Blanche,  Capitole, bibliothèque du congrès,  maison de Lincoln,  National Air and Space Museum etc.) ne manquez pas le petit musée des Arts africains pour sa collection permanente et ses expos décoiffantes ni le  jardin des sculptures du musée Hirshhorn. Une promenade ressourçante au milieu des œuvres de Rodin, Calder ou Matisse.


Les riches maisons du quartier des Ambassades.
Pour ses quartiers. Hormis  Georgetown – aux airs de Notting Hill – et le coin latinos d’Adams Morgan, le quartier des ambassades (métro Dupont Circle) mérite un détour pour ses maisons néo-classiques qui abritent parfois de jolis musées, dont celui du textile. Le joyau en étant la Philipps Collection. Créée en 1920 par Duncan Philipps dans sa maison familiale au style georgien, la fondation présente notamment le très célèbre déjeuner des canotiers d’Auguste Renoir ainsi que des toiles de Cézanne, Degas, Picasso, Gauguin, Klee, Van Gogh et j’en passe. La sélection du mécène dévoile les facettes moins connues de certains artistes et s’ingénie à créer des ambiances propices à la contemplation. Une pièce dédiée à Mark Rotkho expose ainsi une œuvre du maître sur chacun de ses murs. S’en dégagent des vibrations quasi mystiques.




Pour ses espaces verts. Des pelouses bordées de musées du Mall, au Rock Creek Park, sans oublier les rives du Potomac, idéales pour une balade à vélo, les échappées belles ne manquent pas. A Washington, on respire !

Compétition d'aviron sur le Potomac.

07/11/2013

Artistes en résonance. Un passé plus que présent

A l’occasion des Rencontres photographiques du 10e, Claire Deblac et Tanguy de Montesson ont fait expo commune, sur le thème du passé familial. Tantôt tendre, tantôt caustique, leur regard est infiniment percutant. Témoignages.


Claire Deblac et la maison hantée 


Portraits aux mêmes âges de Monique et sa petite fille Juliette, dans la maison de l'Yonne.
 Photo Claire Deblac 
"J’ai shooté la série Maison au passé en 2012, alors que j'étais seule dans la demeure de ma belle-famille vidée de ses meubles, quelques jours avant sa vente définitive. Je voulais immortaliser ces pièces imprégnées de souvenirs. Et pour ce faire, j’ai projeté ou incrusté sur les murs - devenus l’album géant d’une vie de famille - les photos des trois générations qui s’y étaient succédées".

Paradis perdu. "Il y a évidemment beaucoup de nostalgie dans cet adieu en forme d’hommage. Un an plus tard, j’éprouve toujours une sensation de perte. Je rêve de cette maison où mes enfants, mon mari, sa famille et moi avons passé tant de bons moments. Mais c’est aussi une façon de tourner la page. Sans rien oublier".

Bio express. Née en 1966, Claire Deblac fut élève du photographe Carlo Werner. Son travail traite de la représentation de l’imaginaire dans le réel,  de la couleur et la lumière dans les jeux de reflets et de transparence. www.clairedeblac.com




Tanguy de Montesson et les tribulations d’une chaise Louis XVI 


Témérité ou  la grandeur dérisoire d'un vestige du passé menacé de chute.
 Photo Tanguy de Montesson 


"La chaise de mes Tribulations fut avec onze de ses soeurs et une table les seuls objets qu'a rapportés mon père du château de ses ancêtres, lorsque celui-ci fut vendu. Depuis, elle trône dans notre maison de vacances, en Normandie. J’en ai fait le personnage  principal d’une fiction qui se déroule essentiellement sur les plages du débarquement".

Histoire d’en rire. "Ces photos sont une sorte de pied de nez aux grandes familles dont le passé s’effiloche peu à peu. Sans rejeter mon éducation, je me sens aussi parfois le cul entre deux chaises. Dans Témérité, mon cliché préféré, la chaise c’est un peu moi. Elle a déjà grimpé quelques marches de l’existence mais court un certain « risque de chutes », comme l'indique la pancarte".

Bio express. Né en 1970, Tanguy de Montesson a monté l’atelier 36, espace collaboratif de création. Inspiré par les espaces urbains et l’architecture ainsi que les portraits, le photographe travaille en numérique comme en argentique. www.tanguydemontesson.com


24/10/2013

Expo. Jean Cocteau l’ami, l’amant, l’artiste


Affiche dessinée par Cocteau en 1934. Coll.
privée Musée des lettres et manuscrits/Paris.
Héritage. Il y a quelque chose d’absurde à célébrer le cinquantenaire du décès d’un homme à ce point vivant ! Jean Cocteau le magnifique, les miroirs d’un poète offre, de fait, une illustration saisissante de l’empreinte teintée d’éternité laissée par Cocteau. Et puisque d’illustration il s’agit, sachez que l'expo donne notamment à voir ses dessins originaux des manuscrits de La Belle et la Bête (l'adaptation),  La Machine infernale ou Le journal d’une désintoxication.

Il est interdit d’interdire. Cocteau, c’est d'abord un créateur aux talents multiples. Pour lui, il n’est pas d'art mineur. Après le dessin, la poésie, le roman, le théâtre, il fut le premier écrivain français à devenir cinéaste. Voir ou revoir La Belle et la Bête, en plus du scénario annoté, des photos du tournage et de l’affiche est un pur moment d'émotion. Mais ce n'est pas un hasard si le Musée des manuscrits s'est intéressé au poète. Car Cocteau, c’est aussi une écriture dont les déliés expriment, autant que les mots, la sensibilité de l'artiste. Artiste qui aima sans se soucier du genre. Ses lettres retracent l’amitié qui l’unit à Radiguet – compagnon d’écriture de jeunesse – ou  Edith Piaf et ses amours avec la princesse Nathalie Paley ou Jean Marais, l'amant mythique. Leur correspondance, alors que l’acteur était au front en 39-40, reflète à merveille la personnalité d’un homme qui vécut son art comme sa vie. En toute liberté.

- Jean Cocteau le magnifique, les miroirs d’un poète. Jusqu’au 23 février 2014 au Musée des lettres et manuscrits, Paris 7e. Net. www.museedeslettres.fr

17/10/2013

Collector. Martin Parr, premiers clichés en noir et blanc

En 1975, il a 23 ans. Et déjà ce regard plein de dérision et d’humanisme qui décale le quotidien de M. et Mme Tout le monde ou plutôt Mr and Mrs Everybody. Cinq ans durant, Martin Parr battra la campagne du Yorkshire avec sa future épouse Suzie Mitchell. Ils se documentent sur la vie de ses habitants, notamment sur les fidèles des nombreuses chapelles méthodistes et baptistes de la région. Tandis que Martin "mitraille", Suzie écrit. Martin Parr, les Non-conformistes, ouvrage paru le 16 octobre, offre une superbe sélection de photos en noir et blanc, accompagnée de quelques textes.

Sur le vif. Temps de prières - les Non-conformistes sont des croyants qui ont pris de la distance avec les cérémonies et coutumes de l’église d’Angleterre -, exploitation du charbon, chasse à la grouse, sorte de perdrix au plumage brun rougeâtre typique du nord de l’Angleterre… Les photos du jeune Parr témoignent de la vie de ces gens simples, au tempérament « dur à la tâche, frugal, autonome et grand amateur de thé et de cake » note Suzie. Un tempérament bon enfant que certains détails so british soulignent avec tendresse :  vieilles dames chapeautées s'empiffrant de pâtisseries, garde-chasse assoupi dans la bruyère, commissaire-priseur brandissant un choux, lors d’une vente aux enchères… Il y a du Depardon dans ce Martin Parr-là. Réjouissant.

- Les Non-conformistes – Martin Parr. Editions Textuel. 35 € 

10/10/2013

Théâtre. Zelda et Scott les magnifiques

Julien Boisselier et Sara Giraudeau interprètent
le couple mythique des Fitzgerald. Photo Lot.
Qu’arrive t-il lorsqu’un écrivain rencontre la femme rêvée, héroïne de ses romans ? Une sorte de Rose Pourpre du Caire où, plutôt que de traverser l’écran, la muse plonge dans la vie du grand homme et devient la chair de son oeuvre, le sang dans lequel il trempe sa plume. Quitte à la vampiriser.

Beaux à pleurer. Zelda et Scott, pièce écrite et mise en scène par Renaud Meyer, donne à voir la vie de Francis Scott Fitzgerald et Zelda Sayre, jeune fêlée d’Alabama à l’excentricité ravageuse. Une histoire d’amour à la folie – Zelda mourut schizophrène - magnifiquement interprétée par une Zelda-Sara Giraudeau danseuse, chanteuse et athlète de la scène dont l’énergie vibrionnante explose littéralement et un Scott-Julien Boisselier en dandy biberonné au gin, tout aussi talentueux. Une histoire de jalousie et de manipulation aussi. Manipulation des Fitzgerald entre eux et entre Scott et Ernest Hemingway (joué par Jean-Paul Bordes) qui s’employa à détourner l’auteur de Gatsby de son épouse. Y parvint-il ? C’est ce que je vous invite à découvrir en allant voir mon coup de cœur théâtre de la rentrée. Et si d’aucuns parlent de bulles de champagne pour évoquer cette pièce - légère dans la forme comme le furent les années 20, dévorées par l’urgence de goûter à tous les plaisirs -, j’y vois une plage du sud-est asiatique saturée de soleil. Quelques instants à peine avant qu’un tsunami n’emporte tout.

- Zelda et Scott, Théâtre de la Bruyère, Paris 9e. Infos. www.theatrelabruyere.com


Et aussi

Mention spéciale pour le Manhattan Jazz Band (trompette, contrebasse et batterie) qui accompagne ce spectacle, à la mise en scène et aux décors aussi séduisants que les acteurs.  

03/10/2013

Mode. L’Art du Basic, raffinement et simplicité


Intemporel. A côté du modèle « so hype » qu’on adore une saison avant de l’abhorrer, on a toutes une chemise bien coupée qu’on porte encore avec plaisir, dix ans après l’avoir achetée. Avec L’Art du Basic, jolie marque qui a ouvert sa deuxième boutique dans le 7e arrondissement parisien en juin 2013, on remplit ses placards de la collection toute entière. Sans crainte de se lasser. Tops stylés, petites robes noires impeccables, pantalons fluides et vestes défient les modes. Et les styles. L’ado, sa grand-mère, la bourgeoise ou la fashionista, toutes  y dénichent leur bonheur. A des prix accessibles, qui plus est (70 € environ le top et 100 € la robe).
French touch. Polyesters d’excellente facture utilisés par les marques de luxe, couleurs subtiles - noir, blanc, écru, beige, marine ou prune -, l’esprit est à la sobriété. Mais une sobriété pas coincée, qui ne nuit en rien à notre sex-appeal. Et nous confère cette élégance très « femme française » (à prononcer avec l’accent) que fantasment les étrangers.
Alors moi, j’enfile mon petit haut col cheminée, un slim noir et des escarpins hauts perchés et je m’la pète. Mais avec classe…

- L’Art  du Basic, les boutiques : 78, rue Vieille du temple Paris 3 ; 95, rue du Bac Paris 7. Et aux galeries Lafayette de Paris, Lille, Annecy et Angers. Infos et e-shop :  www.lartdubasic.com

26/09/2013

Guide anticonformiste. Paris, c’est bien barré !


En marge. Tout nouveau, ou presque -  il est sorti en juin dernier – et tout beau  - ses photos et sa maquette sont aussi créatives que ses trouvailles - Paris Off est un guide vraiment pas comme les autres. D’habitude, je rechigne à ce que l’on me dise où aller me faire embrasser à Paris (rigolo mais un peu bidon, non ?), mais ces plans-là sentent très bons. Sous réserve d’être prêt à sortir des sentiers battus. Et d’éviter d’emmener Mamie boire un thé dans ce gentil bar, d’où elle risque fort de ressortir les cheveux dressés sur la tête. Remarquez, s’ils sont violets, ce peut-être branché.


La mise en pages pêchue de de Paris Off joint l'agréable à l'utile.  Photos : E. Veymont.

100 lieux secrets. OK, je n’ai pas tout testé. Loin de là. Mais certaines adresses dont le 61, chroniqué par ma blanche plume, ou la mythique boutique de transformistes de la rue des Dames (Paris 17e) font partie de mes références. Les nombreuses autres mettent l’eau à la bouche : collections d’art contemporain très privées, squats d’artistes, scènes underground, jardins secrets, bars interlopes ou sports loufoques (la corde à sauter sur rythmes de hip hop, ça fait rêver). Rien ici qui ne sorte pas de l’ordinaire. Un brin anar et franchement agréable à parcourir, Paris Off est fort bien écrit par Eric Veymont  et édité chez Parigramme, petite maison d’édition qui revendique son inlassable passion pour Paris. Chapeau !

- Paris Off d’Eric Veymont – Parigramme. En librairies et sur www.amazon.fr



19/09/2013

Sœur. La mode des p’tites Parisiennes


 Style. Les sweats informes de vos ados vous sortent par les yeux ? Vous allez adorer Sœur, jolie marque pour jeunes filles de 10-18 ans. Pensées pour les collégiennes et lycéennes branchées - des « Parigotes » dans l’âme qui peuvent aussi bien habiter n’importe où – les collections ne sont ni trop rock, ni trop grunge… et surtout pas trop sages. En 2012, l’égérie en fut Violette d'Urso, fille d’Inès de La Fressange. Ça veut tout dire !

Histoire. Au fait des tendances, ces adolescentes rejettent la mode enfant et louchent du côté de la femme. "Sœur respecte leur identité et accompagne leur recherche de mode" explique Angélique Brion. A l’origine de la marque, lancée en 2008 avec Domitille, sa sœur, qui fut styliste de Bonpoint, cette ancienne pro du marketing pour enfants vit une success story. Après la boutique de la place Saint Sulpice, Sœur a déjà essaimé dans les 17 et 16e arrondissements parisiens et ouvert des boutiques à Lyon et Bordeaux, notamment.


Collection. Mélange de chic et de bohème, les tenues Soeur peuvent être portées en toute occasion. Emblématique de la marque depuis ses débuts, la petite veste passe aussi bien à l’école avec un tee-shirt, qu’au déjeuner du dimanche chez grand-mère ou bien encore à une boum, sur une mini jupe. Pratique.

Best of automne-hiver 2014. Le rouge et le bordeaux ;  l’imprimé léopard en petites touches et surtout l'incontournable écossais en versions chemise, jupette, bermuda ou veste. Côté accessoires : les  bonnets et capelines seventies hyper féminines.

- Adresses des magasins et e-boutique : www.soeur-online.fr

Bon plan

Sœur convient aux petits gabarits
de tout âge. Bonne nouvelle pour
les mamans !

12/09/2013

Expo. Les dessous, c’est de la mécanique !

(De gauche à droite) Corps à baleines 1770-1780, Tournure cage 1872, Guepière Lejaby 1951-52. Photos Patricia Canino.
Intrigante, rigolote, intéressante… Les Arts décoratifs proposent une expo comme je les aime. Scénarisée au petit poil (ambiance tamisée théâtralisant les objets ; parcours chronologique s’autorisant les accidents ;  explications précises),  La Mécanique des dessous, une histoire indiscrète de la silhouette séduit celles et ceux qui ont une furieuse envie de savoir ce qui se dissimule sous les jupes et les culottes des élégants d’hier (depuis le Moyen Âge, tout de même) à aujourd’hui. Inutile toutefois d’espérer se rincer l’œil. Il est ici plus question de technique que de chair.

Feu d’artifices. Postiches soulignant la virilité des nobles des XIV et XVIe siècles qui bombent le torse et l’entrejambe (!), cerceaux de fer ou de rotin, paniers,  crinolines et faux-culs déplaçant le volume des jupes des hanches au popotin, pour accentuer la finesse des tailles corsetées jusqu’à l’asphyxie… Ces instruments montrent l’évolution de la perception d’une silhouette idéale, au fil du temps. D’une actualité parfois étonnante, tels ces corsets XVIIIe qu’on croirait sortis de l’atelier de Jean-Paul Gaultier, ou d’une esthétique douteuse comme ces affreux rembourrages de manches ballons, ces outils peuvent aussi être vaguement effrayants. Harnacher les nourrissons de corsets, sensés maintenir leurs corps droits pour inciter leurs âmes à le devenir, cela s’appelle de la maltraitance, non ?

Thierry Mugler s'inspire des dessous d'hier
Collection printemps-été 1992. Photo Guy Marineau.
Mieux vaut en rire. Le parcours suscite aussi quelques fous rires "vintage". Notamment en visionnant, entre autres extraits de films d’époque, le mémorable strip-tease d’Alice Sapritch dans La folie des grandeurs ou les pubs kitchissimes des années 1960-70 pour des gaines et des slips kangourous pas franchement sexy.
Suivent des travaux pratiques d’essayage de cerceaux, corsets et autres push-up pigeonnants (non, vous ne verrez pas les photos !). Aperçu croquignolet de ce que subissaient les femmes, en ces temps où la libération des corps était un concept assez flou.



La Mécanique des dessous, une histoire indiscrète de la silhouette. Du 5 juillet jusqu’au 24 novembre. Musée des arts décoratifs Paris 1e. www.lesartsdecoratifs.fr


05/09/2013

Escapade. Pourquoi Arles est-elle irrésistible ?

(De gauche à droite) : terrasse de Chez Caro, sur la place du Forum ; aperçu sur la tour de l'hôtel de ville, chef-d'oeuvre classique, depuis les toits d'Arles ; entrée de l'ancien atelier SNCF des Forges, à 5mn du théâtre antique.

Pour ses rencontres. Arles in Black. C’est le thème 2013 du festival de photos Les Rencontres d’Arles. Les œuvres, exposées dans des cloîtres, églises, anciens ateliers SNCF et autres monuments, y dialoguent avec les vieilles pierres. Cette confrontation réveille notre sens de l’esthétique, notre conscience politique ou l’enfant en nous, selon l’artiste. N’en finissent plus de me hanter, cette année, le regard sombre de l’ado Napolitain, saisi par Sergio Larrain (église sainte Anne), les clichés d’un Zimbabwe exsangue dont témoigne Robin Hammond (atelier électrique) et la grâce flottante des carrés de soie Hermès, créés d’après les Polaroïds d’Hiroshi Sugimoto (église sainte-Blaise).

Au Zimbabwe, Patrick, 5 ans, vit sur une décharge avec sa grand-mère
 (photo Robin Hammond, Les Rencontres d'Arles).

Pour son anticonformisme
. Arles dissimule des dessous affriolants sous les dehors respectables de ses vestiges antiques (arènes, forum, thermes, théâtre), moyenâgeux ou Renaissance. Ses décalages inspirent l'expo Nuage, sensible et poétique, au Musée Réattu (ancien grand Prieuré de l’Ordre de Malte) ou transforment l’abbaye de Montmajour en terrain de jeu de Christian Lacroix. L’enfant du pays y invite des créateurs chers à son cœur et fait preuve, une nouvelle fois, d'un immense talent de scénarisation.

Pour son melting pot. Gitanes aux longues jupes, bourgeois, bobos attirés par la douceur de vivre ici… Arles mélange les genres. Et tant pis si les adeptes de la tauromachie et les écolos ont parfois du mal à s’entendre. C’est à ce métissage, inénarrable en quelques lignes, qu’elle doit son charme.


Agenda, bons plans et caetera

- Les Rencontres d'Arles 2013 jusqu’au 20 septembre : www.rencontres-arles.com

- Nuage. Expo jusqu’au 31 octobre, au Musée Réattu : www.museereattu.arles.fr

- Mon île de Montmajour – Christian Lacroix. Expo jusqu’au 3 novembre, à l'abbaye de Montmajour  : www.montmajour.monuments-nationaux.fr

- Produits régionaux. Sur le marché du samedi matin, un des plus beaux de Provence, boulevard des Lices.

- Shopping. Bottes camarguaises, châles, éventails ou gilet gardian aux Indiennes de Nîmes Mistral - 14, place de la République.

- Livres et BD.  Dans la belle librairie Actes Sud -  Place Nina Berberova : www.librairieactessud.com

- Restau.  Chez Caro, cuisine savoureuse et accueil sympa - 12, place du Forum : www.chezcaro.fr


25/07/2013

La Sensitive. La petite boutique au coin de la rue


Appelée aussi Mimosa pudica, la sensitive est une plante qui replie son feuillage pour paraître moins appétissante aux prédateurs. C’est aussi une boutique de déco et cadeaux en provenance d’Asie du sud-est, située à l’angle de la rue Saint Jacques et de la rue des Feuillantines. Sans doute n’ai-je pas paru très menaçante à cette sensitive-là, car elle m’a tapé dans l’œil sans faire de chichis.


La Sensitive revisite les traditions du sud-est
Ambiance colorée, étoffes chatoyantes – mention spéciale pour les trousses en kimono ancien créées par la meilleure amie de Poppy Tran, l’hôtesse du lieu – meubles chinois, lampions et services à thé du Japon, Vietnam ou Cambodge… On ne sait où regarder dans ce joyeux fourbis, tant il y a de trouvailles. La boutique était à l'origine (en 1979) une galerie où la mère de l’actuelle propriétaire exposait avec ses amis des Beaux-Arts. Aujourd'hui, c'est un spot du quartier latin pour dénicher un bel objet ou une babiole à offrir. Allez-y !


- La Sensitive. 264, rue Saint Jacques Paris, 5e. Du lundi au samedi de 10h à 19h.


18/07/2013

Talent. Fanny Roux de Badilhac, l’ethnique chic

Artisanat d'art. Imaginées par Fanny Roux de Badilhac, les parures Khara Tuki  ont un style inimitable.

Certains objets racontent des histoires. Il en est ainsi des bijoux de (haute) fantaisie Khara Tuki. Une marque créée par Fanny Roux de Badilhac, dont le nom évoque une inspiration nourrie d’ailleurs, de civilisations anciennes, de légendes. Khara Tuki est une muse dont la beauté inspirait les chamanes précolombiens lors de la confection de parures cérémonielles.

Métamorphose. Jeune femme à l’élégance fragile, Fanny Roux de Badilhac a ce « je ne sais quoi », un style, une allure actuelle et personnelle à la fois. Jeune fille, elle suit des cours aux Beaux-Arts, mais emprunte par la suite les chemins  de la comm’, où elle travailla dans le multimédia des années durant. Une carrière qui la passionne mais qu’elle abandonne pour revenir à ses premières amours, celle de l’art et de la création, en 2009. «Voici un an que je faisais des bijoux. Cela me comblait et mon entourage m’a encouragée à sauter le pas. Quitte à travailler énormément, autant que ce soit pour moi ». Elle ouvre alors une boutique dans le Marais puis investit en janvier dernier le passage du Grand Cerf, dans le quartier Montorgueil. Un lieu chargé d’histoire.

L’esprit Khara Tuki. Les civilisations antiques inspirent la créatrice. « Mon père écumait les antiquaires. Il m’a donné le goût des choses anciennes que je mélange avec d’autres plus contemporaines. Je travaille les bijoux en me laissant guider par le mariage des matériaux, des couleurs. C’est l’harmonie qui donne la direction, plus qu’un croquis préparatoire ». Ses parures ont un look ethnique, au sens noble du terme. Elles mêlent les éléments de coiffes anciennes, les matériaux bruts – l’argent, le laiton -  aux pierres précieuses et perles de verre ou de cristal et se jouent des couleurs. Un style unique. On verrait bien la patte Khara Tuki accessoiriser les collections d’une grande griffe. « J’aime les univers de Christian Lacroix, Jean-Paul Gaultier » note Fanny. Son show-room est un lieu où il fait bon poser ses yeux sur de jolies choses. Hôtesse attentionnée, Fanny vous y fait essayer ses bijoux et peut aussi les adapter à vos envies. Jusqu’à ce que vous trouviez le vôtre, celui qui raconte votre histoire …

- les prix. De 50 à 2000 € pour les pièces uniques ou les parures les plus sophistiquées.
Khara TukiL'atelier- show room. 2 passage du Grand Cerf Paris, 2e. Net. www.khara-tuki.com

11/07/2013

Solaires Peter & May Walk. French et glamour. What else ?


Superficielle, légère... Ce doit être l’été, le soleil qui me rattrapent et me donnent envie de partager ces petites choses superflues que je confie d’ordinaire seulement à ma meilleure amie. Mon coup de cœur va cette saison aux lunettes de soleil Peter and May Walk. Une toute nouvelle marque, la collection est disponible depuis un mois à peine chez les opticiens Marc Le Bihan, imaginée par un duo de créateurs. Laura, la fille – une modeuse – Xavier, le garçon – un fou de musique – nous offrent ce type de lunettes qui rendent belles (ou beaux, il existe aussi une ligne masculine).

... et stylée. Lignes droites et coupées net, acétates Mazzuchelli d'Italie qui s’autorisent quelques fantaisies – un modèle en édition limitée mélange ainsi l’acétate à des sequins dorés par un procédé exclusif – sans jamais perdre de vue l’élégance… La collection est une vraie réussite ! Cerise sur la glace (il fait chaud), ces jolis accessoires sont aussi entièrement faits main en France. Chic.

- Infos, modèles et liste des points de vente. Net. www.peterandmaywalk.com





04/07/2013

A table. La Cagouille : poissons, coquillages et crustacés

L’assiette. Créée voici des décennies par Gérard Allemandou, La Cagouille propose une carte uniquement constituée de produits marins ou d’eau douce. Vous pouvez néanmoins y commander un steak, mais franchement il faut être maso, tant le poisson est ici au top !
Cuissons parfaites, beurre citronné ultra léger (si, si !) qui ne dissimile en rien les saveurs iodées du poisson juste péché, la cuisine mise ici sur le naturel. Parmi les best of de la maison, mes préférences vont aux petites coques servies en apéro, aux couteaux juste zestés à tomber et aux langoustines pochées minute. Des entrées qui préparent le palais aux saveurs d’un homard parfait ou d’une barbue qui réussit le tour de force d’être à la fois onctueuse et bien grillée.



La table. Surtout agréable en été, lorsqu’il ne se prend pas pour l’hiver, pour sa terrasse entourée d’un « paravent » végétal, La Cagouille est un îlot de verdure au cœur de ce  quartier ingrat du 14e, proche de la rue de l’Ouest. On y croise beaucoup d’habitués du lieu, dont François Mitterrand fut un aficionado. Le service discret et la présence de ma fille ce soir-là parachevèrent la réussite de mon repas. Je reviendrai !


- Restaurant La Cagouille 10 place Constantin Brancusi, Paris 14e. Menu à 26 euros à midi et 42 euros le soir. A la carte, comptez dans les 65 euros en moyenne pour un repas complet (hors boissons). 

27/06/2013

Kiss & Cry. Danser la vie, les amours passées

Au théâtre du Rond-Point, l'infiniment petit nous procure de grandes émotions. Photo Marteen Vaden Abeele.

« Où vont les gens lorsqu’ils disparaissent de notre vie, de notre mémoire ? ». Seule sur le quai d’une gare, la femme entre deux âges s’interroge.

Décollage immédiat. Happée par la magie du décor et l’illusion de l’image projetée sur écran géant, j’en oublierais presque que cette femme est en réalité une figurine minuscule et la gare une maison de poupées, filmée en Contre-plongée par une caméra actionnée sous mes yeux et ceux de centaines d'autres spectateurs. Kiss & Cry est un spectacle unique mixant allégrement cinéma, texte, bidouillages de génie et chorégraphies où les danseurs sont... des mains. Un miracle de créativité. Cette création collective est née d'une idée originale (très) de la chorégraphe Michèle Anne de Mey et Jaco Van Dormael, réalisateur de Toto Le Héros et Le Huitième Jour, notamment. Quand il s’agit de se lâcher, les Belges sont vraiment les meilleurs !

Pas de deux... mains. Photo : Marteen Vaden Abeele.
Machine à remonter l’oubli. A la recherche des hommes de sa vie, la femme plonge au fond de sa mémoire et en extirpe des souvenirs comme enfouis sous le sable. Sur scène, les mains dansent les amours passées. Elles s’apprivoisent, s’enlacent, s’érotisent. Et racontent les premiers émois, les amours qui n’en valent pas la peine, celles qui brûlent encore le cœur… Emouvantes, sensuelles et parfois très drôles, ces danses abstraites comme l’est un tableau de Picasso, touchent notre imaginaire, notre ressenti. Elles nous offrent un moment de grâce qui frôle la perfection.
Debout, longtemps, les spectateurs de la grande salle du Rond-Point remplie à craquer ont applaudi. Il vous reste dix jours pour en faire autant.

- Kiss & Cry, NanoDansesThéâtre du Rond-Point, Paris 8e. Du 19 juin au 7 juillet à 20h30.

20/06/2013

Italie. Dolce-vita sur l'île d'Ischia

(De gauche à droite) : San Angelo ; le jardin botanique de La Mortella ;  l'église Santa Maria del Soccorso à Forio.

Lieu de villégiature chéri par les Napolitains, Ischia est peu connue des Français. Et pourtant. Cette île au relief volcanique – Le mont Arso, aujourd’hui en sommeil, piqua une colère éruptive au XIVe siècle -  est un merveilleux endroit où se relaxer avant de plonger dans le stupre et l’agitation de Naples.

Séjourner. A l’ouest de l'île, Forio est un point de chute idéal. Animée et populaire, la petite ville est moins bien desservie par les ferries venant de Naples (à 1/2h) qu’Ischia Porto et de fait moins touristique. Dans son jus, le petit hôtel Umberto A Mare, tenu par deux frères qui parlent anglais et français comme moi chinois, est un coup de cœur absolu. Il semble blotti contre la ravissante église Santa Maria del Soccorso, sur une esplanade réservée aux piétons. A proximité, la place centrale du haut village est idéale pour siroter un Spritz : un apéritif à base de bitter italien,  de Prosecco et d'eau pétillante.

Flâner. Rien de tel que de louer un scooter pour partir à "l’Aventurra". Les réfractaires aux deux roues emprunteront les bus CS et CD qui font le tour de l’île. Pratique. Passez une demie-journée à San Angelo pour son petit port, ses boutiques et sa plage de sable dei Maronti, accessible en bateau. Puis rendez-vous au village de Fontana pour gravir le mont Epomeo (788m).  Un poil ardue mais courte (2h aller-retour), la randonnée vous récompense à son point culminant par une vue à 360° sur Ischia.

Visiter. La luxuriante Ischia recèle des trésors de jardins botaniques. Les amoureux des belles plantes (végétales) ne rateront pas celui de La Mortella, créé par un paysagiste anglais. Ca fleurit,  foisonne, pollinise et bourgeonne à gogo. Un fourbis maîtrisé comme je les aime. A Ischia Ponte, découvrez aussi le Castello Aragonese, une forteresse construite en haut d’un piton rocheux par Alphonse d’Aragon. Et pour méditer sur la vanité de la vie, visitez-y la salle du couvent des clarisses où les sœurs décédées étaient assises sur des chaises en pierre, jusqu’à décomposition totale de leur cadavre… Vous avez dit morbide ?
- A découvrir aussi. Les thermes qui participent à la renommée d'Ischia (mais je n'ai pas testé). Et pour les bons plans restos de Forio, rendez-vous sur la page facebook de Chapeau !

13/06/2013

Beauté. Detaille, un parfum de belle époque

A chaque femme suffit sa peine. Celle de la Comtesse de Presle qui conduisait crânement une des premières décapotables au début du XXe siècle, fut de voir sa peau se déshydrater sous l’effet du grand air et de la pollution. La belle aristocrate fit alors appel à un ami chimiste, répondant au doux nom de Marcellin Berthelot, pour lui concocter un Baume automobile aux vertus protectrices. Ce fluide hydratant fait encore la renommée de la marque Detaille qu’elle fonda en 1905, après avoir vendu ses produits dans son salon mondain du 9e arrondissement parisien.


So french, so chic. Jolie boutique aux boiseries et sol pavé d’époque, au cœur du quartier Notre–Dame-de-Lorette, la maison Detaille vaut bien une visite ! Il flotte ici un air de nostalgie remis au goût du jour. Flacons et emballages élégants y mettent en valeur les Préparations de beauté de la Comtesse. Préparations que prolongent aujourd’hui une ligne d’huiles essentielles, des eaux de toilette féminines ou masculines - mention spéciale pour le très singulier Yachting pour homme – et des  bougies, aux senteurs fraîches et naturelles. Last but not the least, les poudres libres de riz, présentées dans de délicats poudriers, m’ont littéralement fait craquer. A vous de choisir parmi les quatorze teintes celle qui accrochera le mieux la lumière.


- Boutique Detaille. 10, rue saint-Lazare, Paris 9e. e shop. www.detaille.com

06/06/2013

Coco Perdu. Une histoire simple, au Lucernaire

Gilles Kneusé exprime un sentiment de solitude présent en chacun de nous. Crédit : coco perdu diffusion

Le propos. Un homme accompagne sa femme à la gare. Elle prend le train pour Paris. Mais reviendra t-elle ? De retour chez lui, le doute ronge le pauvre type. Car enfin, pourquoi a t-elle tenu à poster elle-même une lettre avant de partir, plutôt que de la lui confier ? Peu à peu, l’abandon se fait évidence. Et les contours d’une vie remplie d’isolement et de vexations ordinaires prennent forme.

Dans la dentelle. Coco perdu est le dernier roman paru du vivant de Louis Guilloux, l’auteur de Le sang noir, mort en 1980. Le récit aux accents céliniens de ce "Monsieur tout le monde" a séduit le comédien Gilles Kneusé. Il l'a adapté au théâtre, l’a mis en scène avec Thierry Lavat et en est l’interprète. Son Coco perdu à lui vit l’histoire simple de ces hommes que méprisent leurs semblables. Un homme résigné qui ne sait pas gueuler. Acteur habité, sensible, Gilles dit le quotidien, la solitude, comme on se parle à soi-même, à un interlocuteur imaginaire ou bien à un inconnu, rencontré par hasard. Cet inconnu, anonyme, c’est le public. Vous, moi. Et la portée universelle des " mots du silence" de Louis Guilloux, du "dire" de Gilles Kneusé nous cueille. Mine de rien. A coups d’égratignures, légères comme l’est le magot de Fafa, l’épouse absente à jamais.
Coco perdu est une pièce toute en finesse, interprétée à la perfection par un de ces comédiens qui respire son rôle. Une pièce que je n’oublierai pas, à voir au Lucernaire, dans la petite salle intimiste du Paradis.

Coco Perdu avec Gilles Kneusé. Du mardi au samedi à 21h jusqu’au 31 août, au théâtre du Lucernaire (Paris 6e). Infos : www.lucernaire.fr  

30/05/2013

Fred Pellerin à l’Atelier. Il était une fois un conteur…

Tignasse ébouriffée et lunettes d'Harry Potter, le  conteur canadien Fred Pellerin est de passage à Paris. Crédit : Artcomar.

Québécois d’origine, Fred Pellerin est un drôle d’artiste, entre conteur et fantaisiste, au sens de ce que fut Fernand Raynaud. Un être lunaire et un poète adepte du coq à l’âne.
Armé de son seul accent à couper au couteau et de son imagination plus qu’aiguisée, ce trentenaire, connu comme le loup blanc en son pays, nous entraine dans son grand nord. Un grand nord où la neige ensevelit les vélos, mais pas le commis-voyageur venu livrer une télé, à l’image elle aussi enneigée…

De peigne et de misère. Son nouveau et cinquième spectacle nous convie chez Méo, le barbier de son village natal de Saint-Elie-de-Caxton. Un barbier pas triste. Comme Fred, qui vu sa coiffure approximative dut le fréquenter... Car ce barbier veilla longtemps, dit-il « sur la capillarité générale". Mais à sa façon. "A décoiffer juste à point, il sut prendre de front tous les tenants de la raie droite et monotone. Le génie frisait la folie ». Celui de Fred Pellerin aussi. De saillie en saillie, d’histoire d’amour fou où les « mouches à miel » (les abeilles) jouent un rôle majeur, de chansons à la guitare ou à l’accordéon, une fois son phrasé adopté, ce doux dingue nous fait décoller six pieds au-dessus de la terre. Et ça fait un bien insensé ! Alors, si vous m’en croyez, réservez-vite vos places au théâtre de l’Atelier.

- De peigne et de misère. Fred Pellerin. Théâtre de l’Atelier, Paris 18e – du 5 au 30 juin – www.theatre-atelier.com

23/05/2013

Musée. Bienvenue chez Ossip Zadkine !

Musée Zadkine. 100 bis, rue d’Assas 75006 Paris
Photo : Véronique Koehler/Musée Zadkine/ADAGP

Blotti au fond d’une impasse et insoupçonnable depuis la rue d’Assas, le musée Zadkine est enchanteur. Entouré d'un jardin foisonnant où les œuvres se mêlent à la végétation, il abrite la maison que le sculpteur peintre occupa avec sa compagne Valentine Prax, de 1928 à la fin de sa vie en 1967. En 1981, sa veuve fit don de l'ensemble des œuvres de son mari ainsi que de leur nid d'amour à la ville de Paris. On y découvre aussi l'atelier de l'artiste où sont organisés des événements culturels pour petits et grands.


Laissez le charme agir. L'âme russe d'Ossip Zadkine confère à ce lieu une atmosphère unique, poétique. Lumineuses et d'une muséographie efficace, les sept salles d’expos présentent les sculptures d’un esthète, inspiré à ses débuts par les arts primitifs et précurseur du cubisme. Marbres, pierres, terres cuites, bois aux essences variés et bronzes y dévoilent leur beauté sans fioriture.
Tête de femme (1924)
Véronique Koehler/Musée Zadkine/ADAGP

On se sent ici comme invités à partager la vie d'un artiste, dont les audio guides content les grandes lignes et certaines anecdotes croustillantes. Parmi d’autres, celle de la « tête de femme » d'influence égyptienne vaut  son pesant d'or ! Propriété de la décoratrice Eileen Gray, la statue aurait coulé des jours sinon heureux, du moins calmes - normal pour une pierre sculptée  -,  si la femme de ménage n'avait éprouvé le besoin de lui donner un bain. La bouche peinte de l'œuvre fut effacée et la collectionneuse fort marrie. Heureusement qu’Ossip, magnanime, accepta de repeindre ladite  bouche… à l’œil !  
- Net. www.zadkine.paris.fr


09/05/2013

Un dimanche à la campagne… parisienne dans le 12e


Qui a dit que Paris était gris ? Sans doute, un de ces grincheux pour qui les Parisiens sont d’une humeur de chien. En plus d’offrir mille visages à ceux qui regardent plus loin que le bout de leur nez, ma jolie capitale prend rue Crémieux des airs andalous. Cette voie piétonne, toute proche de la gare de Lyon, est un remède à la morosité ! Ses pavés, pots de fleurs et maisons de deux étages nous en font voir de toutes les couleurs. Du jaune, du rose, du vert, des fenêtres en trompe-l’œil, des papillons, des oiseaux et des chats qui les coursent sur les murs, des colombages et des heurtoirs anciens… Au 33, ne manquez pas les expos de Vis-à-vis-Association. La galerie tenue par des bénévoles ultra accueillants présente des artistes méconnus du grand public.













Et si on se la coulait verte ! Direction ensuite rue de Daumesnil. On y prend un des escaliers qui accède au Viaduc des Arts afin de rejoindre la promenade plantée qui relie la Bastille au jardin de Reuilly. Un chemin bucolique envahi d’arbres et de verdure, à emprunter le week-end en matinée, histoire d’éviter la foule. La balade de 4,5 kilomètres  suit le trajet d’une ancienne voie ferrée et passe devant la charmante gare de Reuilly qui fut en activité jusqu’en 1985. Un cadre romantique à souhait.