07/02/2013

Catherine Berthillier, journaliste engagée

Catherine Berthillier,  créatrice de Shamengo. Photo Denis Benoît.
Le regard clair pétille. Le visage respire l’ouverture aux autres, l’harmonie. A 46 ans, Catherine Berthillier est là où elle doit être.
Ancien grand reporter pour Envoyé Spécial, Des racines et des ailes, Zone interdite, et j’en passe, cette globe-trotter a basculé du côté de ceux dont l’engagement professionnel donne un sens à la vie. En 2011, elle a créé Shamengo. Une plate-forme web de partage et mise en relation, dédiée aux entrepreneurs qui pensent bien-être collectif, respect de la planète ou solidarité, avant de songer gros sous. Le site regroupe aujourd’hui une centaine de portraits-vidéos (de deux minutes) d’hommes et de femmes inspirants. Ce n'est qu'un début.



Et la lumière fut. L’histoire commence en 2008. Catherine enquête alors sur le trafic d’organes en Inde. L’horreur. Un beau jour, dans un village sans eau ni électricité, elle avise un groupe d’enfants au comble de l’excitation. La découverte d’une lampe solaire fait leur joie. Cet objet – méconnu en France- est le fruit des recherches d’un homme, soucieux du mieux-être des Intouchables. Pour Catherine, c’est une révélation. Plutôt que de dénoncer le crime organisé, désormais, elle décide de promouvoir les initiatives de celles et ceux qui mettent un peu de bonheur dans ce monde de brutes. Mais les histoires qui finissent bien n’intéressent pas la télé. Le chemin sera long jusqu’à Shamengo. «Tel Forest Gump, j’ai commencé à courir seule. Puis, il y a eu de plus en plus de monde à mes côtés » dit-elle. Pugnace, la jeune femme surmonte les difficultés. Et invente une nouvelle forme de web journalisme collaboratif. Partout dans le monde, depuis 2011, les correspondants de Shamengo filment ainsi des pionniers de l’entreprenariat éco-responsables : une styliste de Detroit ayant créé un manteau isolant, fabriqué pour les SDF par les SDF ; un chimiste allemand qui recycle les métaux des panneaux solaires en fin de vie… Ces humanistes innovants expérimentent des modèles économiques plus éthiques. Et, qui sait, peut-être donnent-ils envie aux autres d’entreprendre différemment ? Catherine veut y croire. Quant à son état d’esprit présent, son sourire rayonnant en témoigne. « Je suis fondamentalement heureuse que Shamengo contribue à faire émerger un nouveau monde ». Et si, avec elle, on pariait sur l’avenir ?

- Participez à l’aventure des pionniers de Shamengo sur http://shamengo.com. 

31/01/2013

Escapade. A Port Lligat, dans l’intimité de Dali


L'anse de Port Lligat depuis la terrasse de la maison Dali.
Rendez-vous à la casa. Tandis que l’expo Dali attire les foules au centre Pompidou, je vous propose une virée en Espagne, sur les terres catalanes chères au peintre. Et plus précisément dans la maison, composée d’un ensemble de baraques de pêcheurs, qu’il rénova de 1930 à 1970, à Port Llignat, à côté de Cadaquès. C’est là, à une quarantaine de kilomètres du théâtre-musée de Figueras, que le peintre et Gala passèrent les étés les plus sereins de leur vie commune et que subsiste l’écho de leur bonheur. Dès le vestibule, l’ours empaillé et le canapé aux formes des lèvres ourlées de l’actrice Mae West donnent le ton d’une visite, entre surréalisme et naïveté. On y découvre l’atelier, la chambre où Salvador s’était fait installer un système de miroirs lui permettant d’assister au lever du soleil depuis sa couche, ainsi que les petites pièces à vivre en enfilade. Assez spartiates, elles regorgent néanmoins d’objets « daliens » : œufs symboles de fertilité, animaux naturalisés (rhinocéros, cygnes) etc. Dans le pigeonnier du jardin, un film donne à voir les facéties de l’artiste-clown, tandis que la piscine, décorée aux couleurs de Pirelli (la marque de pneus), est kitchissime.

Le village de de pêcheurs de Cadaquès, en Catalogne.

Et après. Au nord de Port Lligat, empruntez le sentier de randonnée qui mène au cap Creus. La balade  d’environ 4h aller-retour offre des vues superbes sur la grande bleue. Dans le charmant village de Cadaquès, paradis des chats et des Français - ne vous attendez pas à parfaire votre catalan-, il fait bon arpenter les ruelles pavées, divinement calmes hors saison. Le soir venu, rendez-vous pour l’apéritif au bar du Casino, une institution où les Espagnols tapent la carte et font des paris, avant d’aller dîner sur le port dans le savoureux restau de poissons Casa Nun. A moins que vous ne préfériez Cala d'Or, cantine dans son jus tenue par un enfant du pays, dont la grand-mère cuisine le risotto comme à la maison. En journée ou le soir s’il fait beau, goûtez aussi en terrasse aux savoureux tapas et oranges pressées bourrées de vitamines de MUT. Attention toutefois à ne pas trop en commander, sous peine que la serveuse ne vous prévienne que « Cette fois, c’est le dernier » (sic!). Mais avec un peu de chance, peut-être aura t-elle reçu un presse-fruits électrique à Noël…

- Casa Museu Salvador Dali 17488 Port Lligat. Infos : www.salvador-dali.org (visite sur réservation). Restaurants et bar à tapas à Cadaquès : Casa Nun, Placa Port Ditxos, 6. Cala d'Or, Sa Fitora 1.  MUT, Port Doguer.  http:// mutedition.tumblr.com