06/06/2013

Coco Perdu. Une histoire simple, au Lucernaire

Gilles Kneusé exprime un sentiment de solitude présent en chacun de nous. Crédit : coco perdu diffusion

Le propos. Un homme accompagne sa femme à la gare. Elle prend le train pour Paris. Mais reviendra t-elle ? De retour chez lui, le doute ronge le pauvre type. Car enfin, pourquoi a t-elle tenu à poster elle-même une lettre avant de partir, plutôt que de la lui confier ? Peu à peu, l’abandon se fait évidence. Et les contours d’une vie remplie d’isolement et de vexations ordinaires prennent forme.

Dans la dentelle. Coco perdu est le dernier roman paru du vivant de Louis Guilloux, l’auteur de Le sang noir, mort en 1980. Le récit aux accents céliniens de ce "Monsieur tout le monde" a séduit le comédien Gilles Kneusé. Il l'a adapté au théâtre, l’a mis en scène avec Thierry Lavat et en est l’interprète. Son Coco perdu à lui vit l’histoire simple de ces hommes que méprisent leurs semblables. Un homme résigné qui ne sait pas gueuler. Acteur habité, sensible, Gilles dit le quotidien, la solitude, comme on se parle à soi-même, à un interlocuteur imaginaire ou bien à un inconnu, rencontré par hasard. Cet inconnu, anonyme, c’est le public. Vous, moi. Et la portée universelle des " mots du silence" de Louis Guilloux, du "dire" de Gilles Kneusé nous cueille. Mine de rien. A coups d’égratignures, légères comme l’est le magot de Fafa, l’épouse absente à jamais.
Coco perdu est une pièce toute en finesse, interprétée à la perfection par un de ces comédiens qui respire son rôle. Une pièce que je n’oublierai pas, à voir au Lucernaire, dans la petite salle intimiste du Paradis.

Coco Perdu avec Gilles Kneusé. Du mardi au samedi à 21h jusqu’au 31 août, au théâtre du Lucernaire (Paris 6e). Infos : www.lucernaire.fr  

30/05/2013

Fred Pellerin à l’Atelier. Il était une fois un conteur…

Tignasse ébouriffée et lunettes d'Harry Potter, le  conteur canadien Fred Pellerin est de passage à Paris. Crédit : Artcomar.

Québécois d’origine, Fred Pellerin est un drôle d’artiste, entre conteur et fantaisiste, au sens de ce que fut Fernand Raynaud. Un être lunaire et un poète adepte du coq à l’âne.
Armé de son seul accent à couper au couteau et de son imagination plus qu’aiguisée, ce trentenaire, connu comme le loup blanc en son pays, nous entraine dans son grand nord. Un grand nord où la neige ensevelit les vélos, mais pas le commis-voyageur venu livrer une télé, à l’image elle aussi enneigée…

De peigne et de misère. Son nouveau et cinquième spectacle nous convie chez Méo, le barbier de son village natal de Saint-Elie-de-Caxton. Un barbier pas triste. Comme Fred, qui vu sa coiffure approximative dut le fréquenter... Car ce barbier veilla longtemps, dit-il « sur la capillarité générale". Mais à sa façon. "A décoiffer juste à point, il sut prendre de front tous les tenants de la raie droite et monotone. Le génie frisait la folie ». Celui de Fred Pellerin aussi. De saillie en saillie, d’histoire d’amour fou où les « mouches à miel » (les abeilles) jouent un rôle majeur, de chansons à la guitare ou à l’accordéon, une fois son phrasé adopté, ce doux dingue nous fait décoller six pieds au-dessus de la terre. Et ça fait un bien insensé ! Alors, si vous m’en croyez, réservez-vite vos places au théâtre de l’Atelier.

- De peigne et de misère. Fred Pellerin. Théâtre de l’Atelier, Paris 18e – du 5 au 30 juin – www.theatre-atelier.com