Le temps s'efface. Les frontières entre rêve et réalité deviennent floues et les répétitions se font obsédantes. Selon Marcial di Fonzo Bo, metteur en scène de La Mère, ces constantes de l'écriture de Florian Zeller évoquent l'univers de David Lynch. En effet, comme souvent chez Lynch la mort rode dans le petit monde de cette mère. Son fils et sa fille sont partis, son mari est sur le point de l'abandonner. Nostalgique, elle évoque le paradis perdu du temps où, chaque matin, elle préparait le petit-déjeuner de sa progéniture. Avant, elle se sentait utile. Vingt et quelques années plus tard, elle flotte dans sa vie. Et sombre petit à petit. Portée par la personnalité charismatique de l'immense Catherine Hiegel, la femme blessée se fait violente, âpre. Forte dans sa faiblesse. Et plus adulte finalement que ceux qui l'entourent - le fils, l'époux. Son mari est infidèle, elle le sent, elle le sait, mais elle s'en fout. Comment pourrait-elle se soucier d'être femme, elle qui est mère ?
Douleur universelle. Cérébrale sans être intello, la pièce retrace à la perfection l'obsessionnel monologue d'une quinquagénaire désoeuvrée. Une femme qui ne cesse de se répéter ce qu'elle devrait dire ou faire pour garder à jamais ce fils adoré. Pièce cruelle sur l'amour fou et sans issue d'une mère pour son petit d'homme, La Mère est une oeuvre puissante. Un texte dont la psychologie affutée touche toutes les femmes. Pas besoin d'avoir de fils, ni de grand enfant pour pressentir cette douleur sourde que laisse le départ de l'être aimé.
Toutefois, une question demeure, lorsque le rideau du théâtre Hébertot se baisse sous les applaudissements. Derrière ses airs de charmant dandy, comment Florian Zeller perce t-il ainsi à jour nos angoisses féminines les plus intimes ? Il faudra que je pense à lui demander, la prochaine fois que je le croiserai du côté de Saint-Germain.
- La Mère de Florian Zeller, avec Catherine Hiegel, Jean-Yves Chatelais, Olivia Bonamy, Eric Caravaca au Théâtre Hébertot 78 bis, boulevard des Batignolles Paris, 17e.
A PROPOS DE CAROLINE DE LA PORTE
11/12/2014
07/11/2014
Lire. Un Espace pour la culture, plongée au cœur de la scène artistique béninoise
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| Prince Toffa et Fenù, deux des jeunes talents promus par Un Espace pour la culture. |
Sur la terrasse écrasée de chaleur, Fenù joue de la guitare. Yeux mi-clos, le jeune prodige chante, comme ravi par son art au public qui l’écoute religieusement. Tout sourire devant sa toile, le peintre Toffa goûte quant-à-lui au plaisir de vivre le premier vernissage dédié à ses œuvres.
Il était une fois à Cotonou. Au fil des pages qui zooment sur des artistes béninois prometteurs – comédiens, metteurs en scène, musiciens ou plasticiens - Un Espace pour la culture relate en creux une belle aventure associative. Celle que Clémentine de La Porte (tiens donc !) et Léa Perier ont initiée en 2013 en créant un collectif franco-béninois. Sa mission : offrir une scène aux créateurs émergents, à Cotonou (Bénin). Une initiative bienvenue dans ce pays d'Ouest Afrique où les talents sont aussi nombreux que les lieux de promotion sont rares.
Emaillé de portraits de jeunes artistes et d’interviews de créateurs reconnus (le plasticien Dominique Zinkpè, Patrice Toton chantre du conte théâtralisé ou le slameur Sergent Markus), l’ouvrage lève aussi le voile sur la réalité artistique béninoise. Une histoire pas simple.
Un Espace pour la culture by Caroline de La Porte (feuilletez les 15 premières pages en cliquant sur la couverture).
- Un Espace pour la Culture de Caroline de La Porte, en vente sur le site d’autoédition Blurb (13 € hors frais d’expédition).
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| Shanna en concert à l'Amsterdam Bar à Cotonou en septembre dernier. |
Intégrées au livre, des vidéos
réalisées par Mathilde Arnold
sont accessibles via des flash codes.
Elles vous invitent à assister aux
répétitions ou aux moments de création
des jeunes artistes. Magique !
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