28/06/2012

Expo photos. la petite musique néerlandaise.

"Paris",  Photo de Kees Scherer 

Gare du nord. Ce lieu d’arrivée à Paris des Hollandais est aussi le nom d’une expo qui présente jusqu'à fin juillet les œuvres d’une cinquantaine de photographes du plat pays, dans le cadre intimiste du centre culturel des Pays-Bas.
Certes, on est loin du ramdam (un peu exagéré, à mon sens) engendré par Helmut Newton au Grand Palais. Mais justement. Cela contribue au charme de cette exposition, pas tapageuse pour un sou.



Photo de Maria Austria, institut Maria Austria, Amsterdam
Paris, je t’aime. Les clichés, réalisés entre 1910 – époque à l’esthétique encore picturale, comme en témoigne la photo d’une femme entrevue sous les arcades de la Madeleine – et les années soixante, sont diversifiés. Académiques, décalés, émouvants ou un poil « clichés » (!), ils donnent envie d’en scruter les détails. Ceux-ci font parfois sourire : lors du Front populaire, les insurgés manifestent le poing levé, mais en costume trois pièces. On peut en avoir assez des privilèges, sans renoncer à leurs artifices ! Puis, des œuvres où Paris semble le décor d’une série noire jouxtent le Paname de Saint-Germain-des-Prés, de belles photos de mode et des mises en scène absurdo-comiques, dignes d’Alfred Hitchcock quand il rigole…
L’expo se termine par deux courts-métrages, dont Les Halles de Paris (16 mn), tourné en 1939. Effervescence, gouaille des bouchers balèzes ou drôlerie des marchandes de primeurs au chapeau bricolé de feuilles mortes, y côtoient la  misère des petites gens qui se lèvent tôt pour travailler dur. Entre Paris glamour, bourgeois, bohème ou popu, les photographes néerlandais nous offrent une mise en perspective bien sympathique de notre chère capitale. Gare du Nord. Jusqu’au 29 juillet à l’Institut Néerlandais. 121, rue de Lille 75007 Paris

21/06/2012

Cinéma. Dans la famille Podalydès, je prends la grand-mère

Valérie Lemercier entourée des frères Podalydès, Samir Guesmi. Photo : Anne-Françoise Brillot

Adieu Berthe, l’enterrement de mémé est la quintessence du cinéma des frères Podalydès. Et pour moi le meilleur film de Bruno P., le réalisateur, qui sait si bien parler avec légèreté des choses graves. Les amours conjugales qui ne résistent pas au temps, et dont les liens sont tellement enchevêtrés qu’on ne peut s’en défaire, sans souffrir terriblement. Les enfants que nous demeurons toujours : Denis P. excelle dans son rôle joué et rejoué de doux rêveur inadapté au statut d’adulte. Les parents égarés (Pierre Arditi, génial en père sénile) ou acariâtres (Catherine Hiegel, belle-mère vacharde)… Et puis les grands-parents qu’on a laissé tomber et qui meurent sans crier gare.

A la recherche du moi perdu. Au hasard d’une visite à la maison de retraite de feu la grand-mère Berthe, la maîtresse de Denis - interprétée par Valérie Lemercier-, lit les lettres d’amour de Berthe jeune fille. On y découvre une femme passionnée qui chérit Max « Le Magicien au coquelicot ». Un original, attachant certes, mais volage. Max l’inconstant disparut un jour, sans préavis. Berthe le revit-elle ? Son petit-fils - Denis P. à l’écran -, le pharmacien et magicien amateur à ses heures, ressemble un peu trop à cet amour de jeunesse, pour que la question ne soit évoquée. Mais la grand-mère décédée emporte son secret. Et les cendres de Berthe se dispersent telles des poussières d’étoiles, lors d’un anniversaire où Denis-magicien offre un coquelicot à une petite-fille. Avant de disparaître. Ou d’enfin choisir, comme sous-entend le texto adressé à sa femme (remarquable Isabelle Candelier) : « Je reviens » dit-il.
Doux, nostalgique, rigolo, farfelu et un peu largué, comme les frères Podalydès, Adieu Berthe est un très beau film. Un moment de grâce.

- Adieu Berthe, l’enterrement de mémé de Bruno Podalydès. Sortie du DVD chez UGC vidéo le 21 novembre 2012.